Empotage et dépotage de conteneur : le guide du chargeur
Étapes de l'empotage et du dépotage d'un conteneur, durées réelles selon le chargement, responsabilités (code CTU, VGM, réserves) et organisation du quai.
Par Transports Ansquer, Transport, stockage et manutention au port de Gennevilliers
, 11 min de lecture

L'empotage est le chargement d'un conteneur : la marchandise entre, se cale, s'arrime, et les portes se ferment sous scellé. Le dépotage est l'opération inverse : le conteneur arrive, on l'ouvre, on le vide, on contrôle ce qui en sort. Deux opérations symétriques sur le papier, très différentes sur le quai : l'une engage votre responsabilité sur ce qui voyagera, l'autre décide du temps pendant lequel le conteneur restera immobilisé chez vous.
Ce guide décrit les deux, étape par étape, du point de vue du chargeur : ce qu'il faut préparer, ce que les textes vous imposent, combien de temps l'opération prend réellement selon ce qu'il y a dedans, et comment organiser le quai pour qu'un conteneur ne bloque ni votre personnel ni votre trésorerie.
Empotage, dépotage : de quoi parle-t-on ?
Empoter un conteneur, c'est y charger la marchandise de façon à ce qu'elle supporte le voyage : répartition des masses, calage, arrimage, puis fermeture et pose du scellé. Dépoter un conteneur, c'est le décharger à l'arrivée : ouverture, contrôle, sortie de la marchandise, mise sur palette si besoin, relevé des écarts et des avaries.
Qui fait quoi dépend d'abord du mode d'expédition.
Conteneur complet ou groupage
En conteneur complet (FCL, Full Container Load), le conteneur est réservé à un seul expéditeur. C'est lui qui empote, chez lui ou chez un prestataire, et c'est lui qui répond du chargement. À l'arrivée, le destinataire reçoit le conteneur scellé et le fait dépoter.
En groupage (LCL, Less than Container Load), plusieurs expéditeurs partagent un conteneur. Un groupeur empote les lots dans son entrepôt de départ ; à l'arrivée, un dégroupeur dépote et redistribue chaque lot à son destinataire. Le chargeur ne touche jamais au conteneur lui-même : il livre et récupère une marchandise, pas une boîte. Le groupage et le dégroupage sont d'ailleurs une prestation à part entière.
L'empotage étape par étape
Un empotage réussi se joue avant que la première palette n'entre dans le conteneur. Quatre temps.
1. Préparer : le conteneur, les documents, la masse
Avant de charger, on inspecte le conteneur vide : plancher sain, parois sans perforation, portes étanches, absence d'odeur ou de résidu. Un conteneur douteux se refuse, il ne se charge pas.
Côté documents, le chargeur déclare la masse brute vérifiée (VGM) du conteneur chargé. Depuis le 1er juillet 2016, la convention SOLAS impose cette déclaration avant l'embarquement : sans VGM, le conteneur ne monte pas à bord. Deux méthodes sont admises, la pesée du conteneur plein ou l'addition des masses de chaque élément chargé.
2. Le plan de chargement
Le plan de chargement répartit les masses dans le conteneur : les charges lourdes en bas et au centre, un poids équilibré entre l'avant et l'arrière, une répartition qui respecte la charge admissible par essieu une fois le conteneur sur camion. Combien de palettes tiennent dans un 20 pieds ou un 40 pieds, et pourquoi la théorie ne colle pas toujours au quai, c'est un sujet à part entière, que ce blog traitera dans un article dédié.
En attendant, les données de base de votre chargement figurent sur la page dépotage et empotage de conteneurs.
3. Caler et arrimer selon le code CTU
Le code CTU (code de bonnes pratiques OMI/OIT/CEE-ONU pour le chargement des cargaisons dans des engins de transport, édition 2014) est la référence internationale de l'empotage. Ce n'est pas un règlement contraignant en soi, mais c'est le texte auquel renvoient assureurs, compagnies et experts en cas de litige. Il décrit comment répartir les masses, combler les vides, bloquer les charges contre les parois et arrimer ce qui peut glisser ou basculer. La page du code CTU sur le site de l'OMI en donne le cadre.
Sur le quai, la règle tient en une phrase : rien ne doit pouvoir bouger quand le conteneur sera levé, posé, freiné, ballotté. Les vides entre palettes se comblent avec des coussins gonflables, des cales bois ou des sacs de calage ; les charges hautes s'arriment ; les fûts et les charges roulantes se bloquent.
L'erreur
Remplir le conteneur « au plus serré » en comptant sur le frottement des palettes pour les maintenir, sans calage ni arrimage.
Le bon réflexe
Appliquer le code CTU : masses lourdes en bas et au centre, vides comblés, charges hautes arrimées. Un chargement qui bouge en mer arrive endommagé, et la responsabilité remonte au chargeur.
4. Fermer : photos, certificat d'empotage, scellé
Avant de fermer les portes, on photographie le chargement en place. Ces photos, avec le plan de chargement, constituent la preuve de l'état au départ. Le prestataire d'empotage remet ensuite un certificat d'empotage qui décrit ce qui a été chargé et comment, puis pose le scellé dont le numéro est reporté sur les documents de transport. Chez Transports Ansquer, le client reçoit le plan de chargement et les photos avant fermeture.
À partir de là, le conteneur est une boîte close dont le contenu ne sera plus vu avant le dépotage.
Le dépotage étape par étape
Le conteneur est arrivé. Il est posé au quai, ou sur un châssis devant votre entrepôt. Que se passe-t-il, dans l'ordre ?
1. À l'ouverture : scellé, réserves, sécurité
On compare d'abord le numéro de scellé à celui des documents. Un scellé absent, cassé ou différent se note avant toute autre chose : c'est le premier indice d'un problème survenu en route.
Puis vient la question que beaucoup de destinataires découvrent trop tard : l'atmosphère du conteneur. Certains conteneurs ont été fumigés au départ, à la phosphine par exemple, pour détruire insectes et nuisibles ; d'autres contiennent des gaz émis par la marchandise elle-même, comme le formaldéhyde de certains meubles ou textiles. L'INRS y consacre une brochure, « Ouvrir et dépoter un conteneur en sécurité » : vérifier les étiquettes de fumigation, ventiler portes ouvertes avant d'entrer, mesurer l'atmosphère en cas de doute.
Enfin, avant de sortir quoi que ce soit, on regarde l'état apparent du chargement et on note les réserves : colis écrasés, palettes basculées, traces d'humidité. Des réserves précises, datées et signées sur le document de transport ; une mention « sous réserve de déballage » ne protège pas.
L'erreur
Ouvrir les portes et commencer à décharger tout de suite, puis découvrir de la casse au fond du conteneur sans avoir rien noté à l'ouverture.
Le bon réflexe
Scellé vérifié, photos à l'ouverture, réserves écrites avant la première palette sortie. Chez Transports Ansquer, écarts et avaries sont relevés et photographiés à réception : c'est ce qui rend un recours possible.
2. Vider, contrôler, palettiser
Le déchargement commence par les charges instables, celles qui menacent de tomber à l'ouverture. Ensuite, deux cas :
- Marchandise palettisée : le chariot entre dans le conteneur ou prend les palettes au seuil, une par une, et les dépose sur le quai. Le contrôle est quantitatif : nombre de palettes, étiquettes, état du filmage.
- Marchandise en vrac : colis empilés du sol au plafond, sans palette. Il faut les sortir à la main, les compter, les trier par référence, les mettre sur palette et filmer. C'est de la main-d'œuvre, et c'est là que le temps s'envole.
Le contrôle quantitatif se fait au fur et à mesure, référence par référence, contre le bordereau. Les écarts se notent, les avaries se photographient.
3. Après le dépotage : stocker ou repartir
Une fois vidé, le conteneur repart au terminal, et la marchandise, elle, a trois destins possibles : partir en livraison, rester en stockage tampon sur place, ou entrer dans une préparation de commandes. Plus le conteneur est restitué vite, moins il coûte : c'est l'objet de la section suivante.
Combien de temps prend un dépotage, vraiment ?
Trois heures ? Une journée ? Les chiffres qui circulent sont des moyennes qui ne veulent rien dire, parce que la durée d'un dépotage dépend presque entièrement de ce qu'il y a dans le conteneur. Voici ce que nous constatons sur notre quai, sur des conteneurs 40 pieds.
< 1 h
pour dépoter un conteneur 40 pieds contenant deux véhicules
Source : relevés d'exploitation Transports Ansquer, port de Gennevilliers, 2026
3 à 4 h
pour un conteneur 40 pieds de colis en vrac de 40 cm de côté, à trier et palettiser
Source : relevés d'exploitation Transports Ansquer, port de Gennevilliers, 2026
~9 000
colis dans un conteneur import annoncé très chargé, dépoté en 3 à 4 heures avec effectifs renforcés
Source : donnée interne Transports Ansquer, 2026
2
quais sur notre site : un quai poids lourd pour recevoir le conteneur, un quai véhicule léger pour repartir livrer
Source : donnée interne Transports Ansquer, 2026
Un rapport de un à quatre, pour le même conteneur. Ce qui fait la différence :
- La nature du chargement : deux véhicules sortent en roulant ; des palettes sortent au chariot ; des colis en vrac sortent à la main, un par un.
- La palettisation à faire ou non : si la marchandise doit être mise sur palette et filmée, chaque colis est manipulé deux fois.
- Le tri : un conteneur mono-référence se compte ; un conteneur multi-références se trie, référence par référence, avant de compter.
- Les effectifs présents : deux personnes ou cinq sur le même conteneur vrac, ce n'est pas la même journée.
- Le quai : à niveau, le chariot entre dans le conteneur ; au sol, tout passe par une rampe ou par les bras.
- Les contrôles : un contrôle qualitatif à l'unité allonge d'autant.
Et vous, que contient votre prochain conteneur ? C'est la première question qu'un prestataire sérieux vous posera, avant même la date d'arrivée.
Organiser le quai : coordination et main-d'œuvre
Un conteneur qui arrive sans que le quai soit prêt, c'est un conteneur qui attend. Et un conteneur qui attend coûte de l'argent, à la compagnie maritime d'abord, sous forme de surestaries (le conteneur reste au terminal au-delà de la franchise) ou de frais de détention (le conteneur est chez vous, non restitué, au-delà du délai accordé). L'organisation du dépotage n'est donc pas un détail de manutention : c'est ce qui décide du coût réel de votre import.
Le conteneur de 9 000 colis
Une micro-scène, vécue sur notre quai, anonymisée. Un importateur francilien attend un conteneur en provenance de Chine. Il l'annonce très chargé : des palettes, et surtout des colis en vrac, environ 9 000. Le client appelle le soir, à 20h53, décalage horaire oblige.
La différence se joue la veille. Sachant ce qui arrive, l'exploitation renforce l'équipe pour le lendemain : personnel intérimaire appelé, plannings décalés pour libérer des bras au bon moment. Le conteneur est posé au quai poids lourd, ouvert, vidé, trié, palettisé et filmé en 3 à 4 heures.
Le même conteneur, découvert le matin par une équipe de deux, aurait occupé le quai toute la journée, peut-être la suivante.
L'erreur
Annoncer un conteneur « standard » au prestataire, sans préciser qu'il est en vrac, et le laisser découvrir 9 000 colis à l'ouverture.
Le bon réflexe
Transmettre la nature du chargement dès la réservation : palettisé ou vrac, nombre de références, colis à trier. Chez Transports Ansquer, c'est ce qui déclenche le renfort d'effectifs, intérim ou décalage de planning, pour la date d'arrivée.
Pourquoi le lieu du dépotage compte
Suivez le conteneur. Il est débarqué au port, posé sur un châssis, tracté jusqu'à un entrepôt. Si cet entrepôt est à l'autre bout de l'agglomération, il traverse la région avant d'être ouvert, et il la retraverse vide pour être restitué.
Transports Ansquer est implanté dans le port de Gennevilliers, bâtiment G1. Le conteneur débarqué au port est posé sur châssis et traité sur place : il entre par le quai poids lourd, la marchandise est dépotée et traitée sur place, sur 300 m², et elle repart par le quai véhicule léger vers ses destinataires franciliens. Pas de transfert intermédiaire, pas de traversée à vide.
Ensuite, la marchandise part en livraison avec un véhicule léger à hayon, qui se décharge chez un destinataire sans quai, ou reste en stockage le temps qu'il faut.
Qui est responsable de quoi ?
Une chaîne conteneur compte au moins quatre acteurs. Voici comment les responsabilités se répartissent en pratique, sur les points qui font litige.
Répartition des responsabilités sur une opération conteneur
| Point | Chargeur (expéditeur) | Commissionnaire de transport | Transporteur / prestataire de quai | Compagnie et terminal |
|---|---|---|---|---|
| Empotage conforme (calage, arrimage, code CTU) | responsable en FCL | organise, choisit le prestataire | exécute s'il empote pour le chargeur | contrôle extérieur et documentaire seulement (conteneur scellé) |
| Masse brute vérifiée (VGM) | déclare et signe | peut déclarer pour le compte du chargeur | pèse ou fournit les masses | refuse le conteneur sans VGM |
| Scellé et certificat d'empotage | conserve les preuves | reporte le numéro sur les documents | pose le scellé, remet le certificat | vérifie le scellé aux points de passage |
| Réserves à l'ouverture | reçoit et fait valoir | porte le recours contre les intervenants | relève, photographie, note les réserves | répond des avaries en transport maritime |
| Surestaries et détention | supporte s'il immobilise le conteneur | négocie les franchises, alerte sur les délais | restitue le conteneur vide dans les délais | facture au-delà de la franchise |
Deux notions structurent ce tableau. Le commissionnaire de transport organise le transport de bout en bout et choisit les intervenants ; il répond envers son client de l'opération qu'il a organisée, ce qui lui donne aussi le recours contre chaque intervenant défaillant. Transports Ansquer est inscrit au registre des commissionnaires de transport et peut donc porter cette organisation, y compris pour un acheminement international, en plus d'exécuter le dépotage sur son propre quai.
Le chargeur, lui, ne se décharge jamais totalement de l'empotage en conteneur complet : c'est lui qui a chargé, ou fait charger, et c'est à partir de ses preuves (photos, plan, certificat, scellé) que se règle un litige.
La pratique du quai est plus simple que le tableau. Avant l'opération, on sait qui commande, qui paie et qui reçoit les documents. Pendant, on note tout. Après, on restitue vite.
Faire dépoter ou empoter votre conteneur
Un prestataire peut vous chiffrer une opération à partir de quatre informations : le nombre de conteneurs (ou d'EVP), la nature de la marchandise (palettisée, vrac, nombre de références), la date d'arrivée ou de départ, et la destination finale de la marchandise, livraison, stockage ou préparation.
Quatre réponses, et vous savez à quoi vous attendre.
Transports Ansquer dépote et empote les conteneurs sur son quai du port de Gennevilliers, avec renfort d'effectifs sur les chargements lourds, puis livre, stocke ou prépare la marchandise depuis le même site. L'entreprise a été fondée en 2021 par un professionnel qui compte 23 ans de métier dans le transport et la logistique.
Questions fréquentes
Combien de temps dure le dépotage d'un conteneur 40 pieds ?
Tout dépend du chargement. Chez Transports Ansquer, un conteneur 40 pieds contenant deux véhicules est dépoté en moins d'une heure ; un conteneur rempli de colis en vrac de 40 cm de côté, à palettiser, demande 3 à 4 heures de travail. Entre les deux, un chargement palettisé se dépote au chariot en un temps intermédiaire, selon le nombre de palettes et leur état.
Qui est responsable de l'empotage du conteneur ?
En conteneur complet (FCL), c'est le chargeur qui empote, lui-même ou par un prestataire qu'il mandate, et qui répond du calage, de l'arrimage et de la masse déclarée. En groupage (LCL), le groupeur empote les marchandises de plusieurs expéditeurs et prend cette responsabilité. Dans les deux cas, les règles de référence sont celles du code CTU.
Qui paie le dépotage et les surestaries ?
Le dépotage est une prestation facturée à celui qui la commande, en général le destinataire ou son commissionnaire de transport. Les surestaries et frais de détention sont dus à la compagnie maritime quand le conteneur dépasse la franchise accordée ; ils tombent sur la partie qui a immobilisé le conteneur, le plus souvent le destinataire qui tarde à le faire dépoter et restituer.
Comment dépoter un conteneur en sécurité ?
Avant d'entrer, on vérifie le scellé et les étiquettes de fumigation, on ventile le conteneur et, en cas de doute, on mesure l'atmosphère intérieure : certains conteneurs contiennent des gaz de fumigation ou des gaz émis par la marchandise. L'INRS décrit la démarche dans sa brochure « Ouvrir et dépoter un conteneur en sécurité ». Ensuite seulement, on décharge, en commençant par les charges instables.
Peut-on décharger un conteneur sans quai ?
Oui, mais lentement et avec du matériel adapté : rampe mobile, chariot capable de monter dans le conteneur ou déchargement manuel. C'est pour cela que beaucoup d'entreprises font dépoter le conteneur sur un quai poids lourd, puis reçoivent la marchandise en véhicule léger avec hayon, qui se décharge n'importe où.
